Pilatus B4 se désintègre lors d'un vol dos — VNE dépassée, pas de saut
Le 16 octobre 1984, le pilote d'un Pilatus B4-PC 11AF a perdu la vie à 400-500 m sol près de Müllheim, Suisse, l'appareil s'étant désintégré. Après largage du remorquage, le pilote a passé sur le dos par demi-tonneau ; le nez est tombé 20° sous l'horizon. Au lieu de revenir à plat, piqué sans aérofreins. VNE nettement dépassée ; les deux ailes ont cédé. Parachute porté mais aucune tentative de quitter le cockpit ; décès. Cause : dépassement de la vitesse ; contributifs : préparation insuffisante, décision de rétablissement, non-sortie des aérofreins.
- Remorquage vers zone acrobatique: Le pilote a effectué un remorquage depuis Amlikon jusqu'à environ 1 100 m au-dessus du sol pour un entraînement acrobatique, avec l'intention de pratiquer le vol dos au nord de l'aérodrome.
- Entrée en dos instable: Après le largage, le pilote a volé brièvement en ligne droite, puis a basculé le planeur en dos par un demi-tonneau. Le nez s'est abaissé immédiatement de 20° sous l'horizon et a continué à s'enfoncer ; l'attitude dos n'a pas été maintenue.
- Figure hors formation initiale: Selon les directives de l'OFAC, les figures acrobatiques avancées (dont le vol dos) doivent être pratiquées avec un instructeur sur avion motorisé pendant environ une heure avant d'être transférées sur planeur — ce n'était pas le cas. Selon le règlement du club Cumulus Amlikon, les figures avancées nécessitent en outre l'approbation de la conférence des instructeurs de vol — cette approbation n'a pas été demandée. Le vol dos ne faisait pas partie du brevet acrobatique du pilote (qui couvrait les boucles, renversements, vrilles et virages serrés).
- Sangle inférieure non attachée: Facteur possiblement contributif selon le SUST. La sangle inférieure (entrejambe) du harnais 5 points n'était pas bouclée ; le SUST suggère une inattention avant le décollage. Cela a pu permettre un déplacement de la position assise du pilote lors de l'inversion, et/ou le déplacement du coussin lest en grenaille (placé entre le fond du siège et le coussin) qui aurait pu gêner les commandes. Le SUST ne tire pas de conclusion ferme.
- Récupération en piqué, pas en roulis: Face à une attitude dos instable avec le nez déjà en train de s'abaisser, le pilote a choisi de récupérer en piquant (vers la position normale par une descente abrupte) plutôt qu'en complétant le demi-tonneau pour revenir à plat. Le SUST cite ceci comme facteur contributif : « mauvaise décision lors du retour en position de vol normale ».
- Aérofreins non déployés: Lors de la descente abrupte qui a suivi, le pilote n'a pas sorti les aérofreins (autorisés jusqu'à la VNE sur le B4). Facteur contributif selon le SUST.
- VNE dépassée — rupture ailes: La VNE (240 km/h) a été largement dépassée. La surcharge en torsion à grande vitesse a arraché le revêtement du bord d'attaque entre les nervures 3 à 6 et cisaillé les rivets. L'aile gauche a été arrachée vers le haut et s'est détachée ; l'aile droite a été arrachée en emportant la ferrure du longeron principal ; le fuselage s'est rompu au cadre principal. Le planeur s'est désintégré en quatre parties principales vers 400–500 m sol.
- Aucune tentative d'éjection: La section avant du cockpit, avec le pilote toujours sangló dedans, a percuté le sol. Le pilote portait un parachute de secours mais n'a pas tenté de quitter le cockpit. Le pilote a été mortellement blessé ; le planeur a été détruit. Le SUST ne spécule pas sur les raisons de l'absence de tentative d'abandon.